Réseau cérébral commun :6 maladies psychiatriques identifiées

Les maladies psychiatriques regroupent des pathologies complexes, parfois sévères et souvent chroniques : dépression, troubles anxieux, troubles bipolaires, schizophrénie et autres psychoses, addictions… Ces dernières sont encore trop méconnues et les personnes qui en sont atteintes stigmatisées dans la population. Pourtant, ces maladies sont très fréquentes selon la Fédération pour la recherche sur le cerveau qui estime que 1 personne sur 4 sera touchée à un moment de sa vie par un trouble psychiatrique.

L’un des enjeux de la recherche actuelle consiste à mieux comprendre les composantes génétiques et environnementales à l’origine de ces pathologies, dans le but de découvrir les mécanismes qui participent à leur émergence. Car il s’avère que certains patients diagnostiqués avec une maladie psychiatrique répondent également aux critères d’une seconde maladie présente dans cette même famille. Avec ce risque de chevauchement, les chercheurs ont commencé à soupçonner qu’il pourrait y avoir une explication neurobiologique commune en ce qui concerne plusieurs maladies psychiatriques.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs du Brigham and Women’s Hospital a consisté à enquêter sur quatre ensembles de données neurologiques et psychiatriques préexistants et a identifié un réseau de zones cérébrales sous-jacentes aux maladies psychiatriques. Les résultats publiés dans la revue Nature Neuroscience ont montré que ce réseau commun peut être associé à six maladies psychiatriques différentes.

Qu’est-ce qu’un réseau cérébral ?

Un réseau cérébral est un concept selon lequel les différentes parties du cerveau sont liées entre elles par des connexions neuronales et travaillent ensemble pour effectuer des tâches complexes. Ceci est important car les scientifiques pensent que plusieurs maladies mentales peuvent avoir des causes communes ou partagées. Par conséquent, il est possible que certaines parties du cerveau soient impliquées dans plusieurs troubles psychologiques.

Cette idée est similaire à l’idée selon laquelle une personne atteinte d’une maladie physique peut avoir des symptômes qui sont liés à plusieurs autres problèmes de santé. Par exemple, une personne atteinte de diabète peut également souffrir d’hypertension artérielle et d’autres problèmes cardiaques. Il semble maintenant que les problèmes psychologiques puissent fonctionner de manière similaire.

Quelles zones du cerveau sont impliqués ?

Selon l’étude, le réseau cérébral commun impliquait certaines zones clés du cortex préfrontal moyen (MPFC) et orbitofrontal (OFC). Ces zones jouent un rôle crucial dans le traitement des informations sensorielles et cognitives et jouent également un rôle important dans la modulation des émotions et des comportements.

Les chercheurs ont également constaté que le réseau commun était associée à six troubles différents : la schizophrénie, les troubles bipolaires, les troubles anxieux, la dépendance aux substances psychoactives (y compris l’alcool), l’hyperactivité avec déficit de l’attention (TDAH) et les troubles alimentaires.

Comment la découverte peut-elle aider ?

Bien que ce ne soit pas une nouvelle théorie concernant les causes des troubles mentaux, elle fournit une nouvelle perspective sur la façon dont certains troubles mentaux peuvent être liés entre eux. La compréhension de ce type de liens pourrait conduire à une meilleure compréhension des moteurs neurobiologiques derrière ces troubles mentaux.

De plus, elle pourrait permettre aux cliniciens et aux chercheurs d’identifier plus facilement certains patients qui risquent de développer plusieurs troubles mentaux au cours de leur vie. Cela permettrait non seulement aux cliniciens de mieux diagnostiquer leurs patients, mais aussi de prêter attention aux symptômes présents chez un patient atteint d’une maladie donnée afin qu’ils puissent être traités plus rapidement.

Quel est le prochain pas ?

Les chercheurs espèrent maintenant pouvoir utiliser leur découverte pour mener à bien des recherches supplémentaires sur la façon dont les différents types de troubles psychologiques sont liés entre eux. Ils espèrent également pouvoir identifier des marqueurs biologiques spécifiques qui pourraient être utilisés comme indicateurs pratiques pour identifier les patients susceptibles de développer plusieurs formes simultanée de trouble mental.

Enfin, ils espèrent également pouvoir utiliser cette information pour informer le développement futur de traitements spécifiques axés sur chaque trouble mental ou groupe particulier afin qu’ils puissent être administrés plus efficacement.

Conclusion

Cette nouvelle découverte fournit une nouvelle perspective sur la façon dont certains troubles psychologiques peuvent être liés entre eux. Elle permettra aux cliniciens et aux chercheurs d’identifier plus facilement certains patients qui risquent de développer plusieurs types simultanés de trouble mental afin qu’ils puissent être traités plus rapidement. Les chercheurs espèrent maintenant pouvoir utiliser leur découverte pour mener à bien des recherches supplémentaires sur la façon dont les différents types de troubles psychologiques sont liés entre eux ainsi qu’identifier des marqueurs biologiques spécifiques qui pourraient être utilisés comme indicateurs pratiques pour identifier les patients susceptibles de développer plusieurs formes simultanée de trouble mental.

Cet étude révèle que le cerveau humain possède un réseau cérébral commun à six maladies psychiatriques, et suggère également qu’il puisse y avoir une autre couche anatomique inconnue dans le cerveau. Ce découverte pourrait fournir des indices supplémentaires sur la façon dont le cerveau fonctionne et interagit avec certaines maladies mentales.